On pourrait croire que la mémoire de l'homme est infinie, mais c'est oublier que l'infini n'a de place que dans notre imagination. J'ai toujours été contre le concept d'infini, car l'infini n'est pas présent dans la nature. L'équilibre, oui, car dans la nature, tout cherche à retrouver l'équilibre.
L'infini en mathématiques est donc une aberration qui se retrouve dans une discipline qui se veut rigoureuse.
Ni la vie animale ni la vie végétale ne sont infinies ; même les molécules, les atomes et les particules les plus élémentaires ne conservent pas leur état de manière infinie, mais se décomposent, changent d'état, pour contribuer à la formation d'autres entités, humaines, animales, arbres, étoiles, atomes, etc.
La mémoire est un état fini, mais avec une finitude qui, tout au long de nos bons jours, est imperceptible, à l'image de celui qui, lors de la première pompe, croit pouvoir en faire à l'infini, mais, au bout de 10e ou 20e pompes, découvre ses limites physiques.
C'est l'effort qui à la fois met en évidence nos limites et les repousse.
Notre mémoire est issue de l'effort intellectuel que nos ancêtres n'ont eu de cesse de repousser, mais cette mémoire est toujours en constante expansion et nous y contribuons chaque jour.
Malheureusement, au cours d'une vie, nous pouvons en voir les limites. Certaines personnes, même jeunes, disent ne pas pouvoir retenir autant qu'il le souhaitait comme auparavant (c'est le cas de ma mère à ses 9 ou 10 ans selon ses dires) et c'est aussi le cas de moi-même, qui suis incapable de retenir une liste de courses ou un numéro de téléphone autre que le mien, je pourrais faire un effort mais je préfère utiliser mon téléphone comme une extention de ma mémoire ; ne parlons même pas de ceux qui souffrent d'Alzheimer et de Parkinson.
La mémoire est le socle de notre civilisation, sans elle, nous existons pas, elle, comme tout ce qui existe respecte les lois de notre monde, elle a des limites et elle est fini, faites en donc bon usage au cours de votre vie, notez, écrivez, enregistrez, éduquez, transmettez là (faites des enfants) à l'intention de la génération suivante car bientôt vous ne vous souviendrez plus de rien.
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